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Voyage aux Bijagos |
Par Robert MENQUET |
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Si pour la majorité d’entre nous l’Afrique est un immense continent, la connaissance des divers pays est parfois succincte et situer l’un d’entre eux sur une carte est difficile. Cet archipel se compose d’une centaine d’îles et d’îlots (cent huit selon certains géographes). Pour se rendre là-bas il existe deux possibilités:
Attention, les horaires peuvent subir des retards et je vous recommande de bien dégrouper vos bagages afin de ne pas manquer de tout en cas de retard de ceux-ci. Ces aléas là sont hélas classiques et pas que sur ces destinations. La monnaie couramment utilisée est le Franc CFA, attention, il n’y a pas de possibilité de retirer de l’argent sur place, on peut échanger dans de petites échoppes de changeurs mais pas retirer de sommes. La langue de base est le Portugais et un créole Portugais, plus le WOLOF compris par une grande majorité de personnes, quelques unes parlent français. De toute façon, les citoyens de ce pays sont très gentils et feront tout pour vous être agréables. La visite de BISSAU la capitale est à faire et bien que certaines infrastructures laissent à désirer vu leur vétusté, vous en repartirez contents car il y à des gens merveilleux à découvrir, c’est un pays en plein renouveau, c’est dur pour eux mais ils sont pleins de courage et les progrès sont marqués. Pour pêcher là bas je ne saurais trop vous recommander de passer par un Tour Opérator et d’aller dans un campement de pêche, ainsi vous aurez toutes les garanties de sérieux. Il y en a plusieurs, très bien tenus et très agréables, gérés par des Professionnels qui sont en plus de Véritables Pêcheurs et sont capables de satisfaire vos envies de belles prises. Il existe aussi un bateau hôtel qui sillonne les îles, mais sa formule est mi-croisière et mi-pêche, cela peut être intéressant pour un pêcheur occasionnel, mais les purs et durs pourraient selon les techniques et les jours êtres déçus, cela est aussi malgré tout plus onéreux mais peu présenter un charme, tout au moins aux yeux de certains. Personnellement j’ai eu un coup de cœur pour le centre «LES CARANGUES» situé sur l’île de JOAO- VIERA. Pour les amateurs de TARPONS voyez avec le club «LES DAUPHINS» ou le «TARPON CLUB» la zone de pêche des ces poissons est plus vers les îles du nord, et implique une technique spéciale et une assiduité de pêche soutenue. La pêche dans toutes ces zones se pratique en bateau surtout autour de la pointe des îles, des hauts fonds, des roches, des bancs de sables qui brassent l’eau et concentrent la nourriture des prédateurs lors des mouvements d’eau engendrés par les marées. Choisissez votre période si possible lors des marées moyennes en période de nouvelle lune, cela est légèrement meilleur, la clarté de l’eau est moins troublée par le sable en suspension que cela engendre avec les forts coefficients. Les secteurs qui me furent le plus rentable sont ceux situés autour des îles du sud: JOAO VIERA, MEIO, POLAO, CAVALLO, CABRAS pour toutes les pêches aux leurres, c’est à mon avis les lieux ou vous aurez le plus de chances de prendre le poisson de votre vie. Tout autour de ces îles, de très nombreuses roches immergées, des hauts fonds de sable et de cailloux, des fosses baignées par les courants de marées en font des gardes à manger permanents ou les immenses bancs de carangues (plusieurs espèces) et tous les autres poissons chasseurs viennent à «gueule que veut-tu» se «goinfrer» de tous les poissons de roches qui y vivent en grand nombre. C’est là aussi que se situe le «Camps des Carangues». De plus cette zone présente de magnifiques paysages ou les observations de grandes tortue marines sont classiques et ou les aigle pêcheurs vous émerveilleront par la majesté de leurs vols. Le secteur d’ORANGO-ZINHO est lui plus favorable pour la recherche des tarpons au vif et à la calée, ainsi que toutes cette zone plus au nord qui avec des eaux plus colorées en font le domaine de ces magnifiques poissons que je n’ai pu aligner à mon palmarès: la seule rencontre s’est soldée par une casse magistrale après une longue bagarre. Les pointes de SUESTES et BAREL peuvent parfois procurer des captures au lancer, mais souvent l’eau y est un peu trouble et de plus depuis quelques temps les filets de pêcheurs professionnels Sénégalais et autres y ont fait leur apparition en en diminuant un peu la valeur. Les secteurs dits d’INORET, de la pointe d’ARINGUINE et d’ANCUNTUM sont quelconques hormis pour des pêches à la calée et parfois à la traîne légère. Vers GALINAS, les poissons y sont assez présents mais les eaux y sont très souvent troubles et cela gâche la pêche, par contre au vif et en pêches au fond cela peut être valable. Dans les îles du Sud les techniques reines sont «La pêche aux leurres au lancer ou aux jigs» et «la pêche à la mouche» tant du bord qu’en barque. Les amateurs de surf casting pourront se livrer à leur passion, surtout de nuit avec des résultats intéressants, mais dotez vous d’un bon produit anti-moustiques car ces ennuyeux anophèles sont souvent «très, très» présents. Pour capturer certains poissons de fond «la calée» est valable, mais il faut aimer rester immobile sous le soleil. La palangrotte permet de prendre très (trop) facilement des poissons de roches, mais je recommande de ne pas en abuser (comme certains) car cela déplace les bancs et fais partir les gros prédateurs. La pêche à la traîne est fabuleuse dans la recherche des gros barracudas et les grosses carpes rouges y sont aussi sensibles, sans oublier les carangues. Dans tous les cas, dans ces zones aussi, sous peine de voir diminuer le cheptel le NO-KILL devra s’imposer rapidement, sauf bien sur pour la nourriture des autochtones et la dégustation dans les campements. Tous les pays conscients de leur richesse halieutiques l’imposent et c’est très bien. Toutes ces îles sont plus ou moins peuplées par des gens merveilleux: le peuple BIJOGOS. C’est une ethnie attachante, accueillante si vous respectez certaines règles et qui doit être impérativement protégée de notre civilisation destructrice. Lors de vos éventuelles visites, soyez simples, courtois et ne leur offrez rien qui puisse créer en eux un besoin destructeur pour leur culture, en un mot respectez les. Pour pratiquer dans ces eaux, je m’étais doté de deux cannes à lancer et d’une canne à mouche: La première de ces cannes à lancer, celle que j’ai utilisé sans aucun problème durant trois mois et demi et qui m’a apporté de merveilleuses sensation est la SHIMANO SPEED MASTER 2,70 XH d’une puissance 50/100, je l’avais équipée avec le STELLA 6000 FA dont les bobines étaient garnies de 200 mètres de tresse RAPALA THERMIC BRAID de 30 et 35/100. Au sujet de cette canne, tous les «marins/guides» étaient fort surpris par sa finesse et sa réserve de puissance, certains d’entre eux au début croyaient qu’elle allait se casser dès les premiers combats, il n’en fut rien et elle s’est fabuleusement comportée dans tous les durs moments que je lui ai fait encaisser. La seconde était une SHIMANO ASPIRE BX Spéciale MER 255 XH et de 40/120 de puissance. Plus raide et plus puissante que la précédente, je l’avais équipée d’un moulinet ULTEGRA 10000 XSA dont les bobines étaient garnie de 300 mètres de tresse RAPALA 35/100 pour l’une et de 300 mètres de SIGLON V 41/100 pour l’autre. Elle me servait surtout pour «jigger» et pour lancer les gros Poppers de 150 grammes que j’employais lors des chasses des grosses carangues et parfois aussi en traîne légère. Cette canne a également été totalement à la hauteur des taches demandées et s’est fabuleusement bien comportée. Côté canne à mouche c’est sur une BIO CRAFT de SHIMANO en 9’ # 8 que c’est porté mon choix, je l’avais équipée du moulinet ULTEGRA FLY 78 qui me sert au saumon, garni de backing Micron de 30 lbs en plus d’une soie CORTLAND 444 SL SALT WATER WF8F. La canne s’est super bien comportée même si un modèle plus puissant aurait parfois été plus adapté. Je dois dire que sous les «rush» de certaines prises le moulinet a parfois été un peu juste, il faut prendre un modèle plus gros, avec plus de backing et avec un frein encore plus puissant surtout si les grosses carangues sont de sorties. Dotez vous surtout de gants pour pêcher à la mouche, sinon gare aux brûlures lors des combats. Pour ce qui est des leurres et des mouches, tous ceux que j’ai essayés ont été bons, mais malgré tout certains d’entre eux furent mes préférés:
Ensuite j’ai essayé les leurres souples en jigging et lancer, là les résultats furent impressionnants, sauf que mon stock de leurre a disparu à grande vitesse. - Ceux qui «marchèrent» le mieux furent les KICKIN MINNOW en 10 et 15 centimètres au lancer et en 25 centimètres en traîne, surtout les teintes GZSD, FT, PRPHT et PRL en remplaçant tous les hameçons.
Côté mouches, j’ai surtout utilisé des montages personnels du genre DECEIVER et gros STREAMERS montés sur des hameçons inox renforcés en tailles 2/0 à 2, toutes les teintes m’ont apporté des touches et des prises. A cette méthode, les poissons de cette zone ne sont pas encore habitués et les touches sont franches. Un de mes montages à surtout bien marché, le voici décrit : Nom: Spéciale Africa, montage MR 2006.
Surtout intercalez entre la mouche et le bas de ligne une trentaine de centimètres de fil d’acier, sinon gare aux dents des maquereaux bonites. Toutes ces pêches m’ont permises de tester le matériel, toutes les personnes qui ont eu l’occasion de se servir de la canne SPEED MASTER (tant les marins/guides que les touristes pêcheurs) en ont été enchantées et beaucoup d’entre elles m’ont déclaré vouloir en acquérir une à leur retour en France. L’ASPIRE par contre est la canne type pour un pêcheur qui veut tout faire et s’encombrer le moins possible. Jamais avec ces deux cannes je n’ai eu l’impression de me sentir dans l’impossibilité de maîtriser la situation, leur action, leur réserve de puissance et leur solidité firent que les combats étaient agréables et faciles. Les moulinets eux furent comme cela est à présent bien connu totalement à la hauteur de leur réputation. Une chose que vous devrez impérativement faire c’est de confectionner devant votre bas de ligne, que je vous conseille en fluorocarbone de 70/100, une «double ligne». C’est facile à confectionner en utilisant le nœud «au doigt» et c’est plus sécurisant lors des combats, prévoyez au moins la longueur de la canne. Comme autres matériels n’oubliez pas des «sleeves» et du fil d’acier ainsi qu’une bonne pince à «sleeves», une très bonne pince coupante, une pince dégorgeoir est utile vu les dents de certaines captures. Pensez à emporter de anneaux brisés renforcés (avec une pince adaptée) et des triples de rechanges en tailles 2/0, 1/0, 2 et 4 (selon les leurres utilisés). Des hameçons simples en taille 4/0, 3/0, 1, 4 et 6 pour les pêches à la calée, des billes en caoutchouc, des perles, des émerillons solides, des coulisseaux genre SEA BOOM ou autres, des plombs, des ballons de baudruches pour pratiquer au vif, de la réserve en bas de lignes et en tresse et un moulinet et une canne de réserve Emportez impérativement une bonne paire de lunettes polarisantes car la réverbération est forte, j’ai trouvé l’idéal avec celles de VISION NATURE dans le modèle spécial mer. Prévoyez un chapeau ou tout au moins une casquette à grande visière et protège nuque, du produit solaire à forte protection UV, le soleil de ces contrées malgré l’air marin est très fort et gare aux peaux sensibles. Les BIJAGOS sont une destination de pêche fortement intéressante, c’est à portée de l’Europe, peu d’heures de vol, le climat y est agréable et les résultats quasiment garantis si vous êtes dans un campement de pêche. Robert MENQUET |