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Gros brochets, gros spinnerbaits

Les Spinbait Civelix 10 cm : pour les rechercher là où ils se cachent

Par Stéphane Frogeais

Le Spinbait Civelix 10cm
Ce grand brochet a succombé au passage d’un Spinnerbait que je lui ai présenté au cœur de sa tanière (lac de Guerlédan, Bretagne)

Le Spinbait Civelix 10cm
Les SPINBAIT CIVELIX : une valeur sûre. La palette feuille de saule permet d’utiliser les plus grandes tailles, tout en laissant le leurre très maniable (faible tirée).

Le Spinbait Civelix 10cm
Osons les postes dits « impêchables »

Le Spinbait Civelix 10cm
Il faut extraire le brochet de sa tanière rapidement et avec autorité.

Le Spinbait Civelix 10cm
S’adapter aux comportements primaires du brochet reste peut-être la meilleure approche.

Chercher spécifiquement les grands brochets (80 cm et plus) tout en ne se privant pas de la prise de brochets de moyennes tailles, c’est tout à fait possible, grâce aux Spinnerbaits, à condition de sélectionner les grands models.

Bien sûr, sur de longues distances le Spinnerbait ne sera jamais aussi attractif qu’un bon gros Swimbait, comme le Rapala X Rap Jointed ou encore le redoutable Storm Kicking Minnow, par exemple. En effet tous ceux qui pêchent les brochets ont pu observer que ces carnassiers accompagnent souvent les Spinnerbaits et finissent par l’abandonner, ou alors le frappent gueule fermée, ce qui rend le ferrage impossible. Même en jouant sur l’animation (arrêts et accélérations) c’est très souvent l’échec au final. Alors que nos gros Swimbaits sont attaqués sévèrement, souvent sans hésitation, avant même que l’on voit le brochet suivre le leurre.

Si les Swimbaits imitent une proie habituelle à présenter à des brochets en chasse, et que son efficacité se maintient sur de long trajet, le Spinnerbait lui est fait pour évoluer sur une très courte distance, pour surprendre et pour déclencher l’attaque. Il n’est pas étudier pour leurrer sur de longs trajets (hormis peut-être très près du fond ?), puisque son attractivité repose sur l’effet « surprise », raison pour laquelle après un bondissement vers le leurre, il est souvent abandonné par le brochet en cours de route. J’ai souvent remarqué que l’effet répétitif et rapide des cuillères tournantes s’annule passé les premiers mètres, alors que l’ondulation puissante des Swimbaits provoque moins de spontanéité mais rassure progressivement. C’est grâce aux eaux extraordinairement claires du lac de Guerlédan en centre Bretagne que j’ai pu faire ces observations. Je verrais si les saisons à venir me permettent de confirmer ces déductions.

Aussi les chances de tomber sur des grands brochets en chasse sont limitées. Par contre le fait de les débusquer sur leur poste apporte plus de régularité. Le Spinnerbait permet d’aller chercher les carnassiers au cœur de leur repère sans s’accrocher, et peuvent ainsi déclencher l’attaque en un bref instant.

Si un grand brochet a vécu si longtemps, c’est qu’il s’est instinctivement approprié un territoire de choix et les meilleurs abris. Le facteur chance a été également prépondérant, et ce dès la dispersion des centaines de petits brochets issus de la même reproduction. D’ailleurs dès que la larve du brochet se décolle de son support végétal, le petit carnassier opte naturellement la chasse à l’affût, et joue déjà de son mimétisme pour ce confondre dans la jungle de graminées. Après la consommation du zooplanctons, débute la période du cannibalisme. Cette période correspond souvent à la baisse du niveau de l’eau sur la frayère, ce qui oblige les fingerlings à se disperser vers la rivière, le lac où l’étang. C’est à ce moment que la difficile sélection des postes se fait. Au dessus de 80 cm, le brochet est d’ailleurs très certainement le seul survivant de cette reproduction. Il s’est posté dans des endroits qui lui ont permis de chasser efficacement tout en restant à l’abri des dangers (brochets concurrents, autres poissons carnassiers, oiseaux piscivores...). C’est un comportement naturel de survie. Dans le milieu hostile au sein duquel il évolue, pour assurer sa croissance il a réussi à s’alimenter sans devenir une proie à son tour. Les gros carnassiers sont donc souvent à l’abri sous les bois morts et les branches baignantes. Ils réduisent au maximum leur espace de chasse, se contentant d’une ou plusieurs « fenêtres » par laquelle passerait une éventuelle proie qu’ils ne se priveront pas d’engloutir. Ils en sortent quelque fois, pour le fraie bien sûr, mais aussi les jours de très grands vents, les soirs d’été, et les temps orageux (excellents pour les pêches en surface) qui leur donnent une confiance suffisante pour sortir de leur tanière et chasser en pleine eau, surtout s’ils ont le ventre vide. Les crues et les baisses de niveau d’eau les obligent également à sortir, le temps de trouver un nouvel abri. Le froid de l’hiver et la raréfaction des proies en bordure les font également rejoindrent les profondeurs. C’est dans tous ces cas, que la pêche plus classique est intéressante. Il suffit alors être au bon moment au bon endroit, et d’utiliser les gros Swimbaits, et les gros leurres souples genres Swim Shad WSB Storm.

Pour certains pêcheurs ce serait l’évolution de la pêche aux leurres qui aurait engendrée une méfiance excessive des grands brochets, d’où le besoin d’appliquer une stratégie particulière face à des poissons éduqués. A mon avis il faut relativiser. Scientifiquement, nous connaissons aujourd’hui les limites du brochet en terme de mémoire et d’intelligence, si on peut parler d’intelligence.  Il arrive peut être à freiner certains de ses réflexes face à un leurre ou une situation qu’il a déjà rencontrés, mais n’exagérons rien, cela sera vite oublié. S’adapter aux comportements primaires du brochet reste encore la meilleure approche, et donc d’utiliser le leurre le plus adapté au poste ciblé. C’est en prospectant les postes les plus difficiles d’accès que nous aurons le plus de chance de ferrer un grand brochet. Dans ces conditions, il faut un leurre qui puisse passer au cœur du poste sans s’accrocher, et déclencher l’attaque immédiatement, c'est-à-dire dès son immersion dans l’eau. En quelques secondes, le temps de passer dans l’une des « fenêtres », le leurre doit en même temps surprendre, énerver et rassurer le brochet à l’affût. Le spinnerbait est alors le leurre le plus adéquat et les grands models réunissent l’ensemble des besoins. Le SPINBAIT CIVELIX 10 cm répond exactement à cette pêche. Il arrive très souvent que le brochet attaque dans les premières secondes qui suivent le posé du leurre. La palette feuille de saule a une forme très allongée, et c’est donc l’un des seuls models qui permet d’employer les plus grandes tailles, sans que cela tire exagérément sur la canne. (plus le Spinnerbait tire sur la canne, plus il sera difficile de le diriger dans les branches). Le coloris SBSS a ma préférence, en eau claire le matin, puis toute la journée si le ciel est couvert. La jupe noire avec le civelix jaune et est bon tandem. Comme pour toute les pêches, je choisi les coloris en fonction de la luminosité du jour et de la turbidité de l’eau, des plus sombres aux plus éclatants, comme le FTCH. Les décorations holographiques des palettes et des têtes imitatives des SPINBAIT CIVELIX couvrent un bon nombre de situations. Plus vite le brochet distinguera le leurre, plus grandes seront les chances de le faire attaquer, puisque tout se joue en une poignée de secondes.

En général je n’insiste pas sur les postes, j’adopte plutôt une pêche de vitesse. L’effet « surprise » passé, je préfère revenir une heure ou deux plus tard. Pour cette pêche je n’utilise pas de tresse. Je pêche en effet jamais très loin du bateau. L’élasticité du nylon est la bienvenue. De plus, la tresse souffre beaucoup dans les branches. Par contre j’utilise un 35 centième. En effet, il faut extraire le brochet rapidement et avec autorité, et ce quelque soit sa taille. D’ailleurs si le ferrage est suffisant, grâce à l’élasticité du nylon le brochet nous laisse deux à trois précieuses secondes avant son premier rush, juste le temps de le soulever d’un étage si possible, pour l’empêcher ensuite de retourner dans son refuge. Mais ce n’est jamais gagné d’avance. En tout cas, EMOTIONS GARANTIES ! Par contre il faut une canne qui réponde au ferrage et au combat tout en puissance. La Shimano Technium DF 20/50 gr de 2m40 est vraiment adaptée à cette pêche.

Stéphane Frogeais

 

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