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Une partie de pêche à Oléron avec François, Loïc et Damien
Oléron la mythiqueNous y voilà… Oléron la grande, Oléron la mythique ! Les pêcheurs d’eau douce débarquent avec des rêves plein la tête bien sûr… Pointe de Chassiron, Rocher d’Antioche, Fort Boyard, Ile d’Aix, Fort d’Enet et tous ces parcs à huîtres, ces bouchots… De quoi en perdre la tête et son latin ! Que de spots forts attrayants, mais par où commencer ?… Belle aventure, en perspective. Elle qui avait commencé par cette fameuse phrase un mois et demi auparavant : « ça vous dit une partie de pêche à Oléron ? ». Eh bien, nous y voilà ! Nous sommes début juin. Les coefficients de marée sont plutôt en notre faveur, le temps variable et 4 jours devant nous. Un bateau à l’eau et deux hommes heureux !L’exaltation de la découverte, la concrétisation des rêves et espérances, un moment privilégié. Et puis ce contact avec Dame Nature version XXL, si vous y goûtez, c’est fini vous y êtes pris. Premiers barsPremiers contacts avec les bars d’Oléron et surtout découverte des bars mouchetés : quel magnifique poisson, encore un privilège d’Oléron. Les petits bars nous mettent en confiance et malgré une pêche difficile, nous ferrons et remettons à l’eau une petite dizaine de poissons. Les leurres de surface restent malheureusement vierges d’attaques franches. C’est avec des jerkbaits peu plongeants et des leurres souples que se fera la pêche et tout particulièrement avec un Naturistic Sand Eel monté sur la fameuse tête plombée Lipweight (en 10 et 15 g – fonds inférieurs à 5 m). Ce duo infernal nous a définitivement conquis suite à une démonstration de Bertrand Gaugé (guide Pro-Team Ragot) et après une prise boulimique de bars sur la côte morbihannaise deux semaines auparavant. Combien de parties de pêche avons-nous perdues faute d’avoir essayé ou de connaître cette pêche aux leurres souples, fine et passionnante ? Le Storm Jerkin Minnow avec sa plombée interne est aussi très performant. Quel plaisir et quel défi de ferrer ces bars quasi-exclusivement à la redescente, et tapant 2, 3, 4 fois sur le leurre avant le bon ferrage. Enfin, pour l’anecdote nous avons vu passer à proximité du bateau, un bar et son Sand Eel au coin de la gueule nous faisant une belle démonstration de touche retour ! Et celui-là fut manqué évidemment, belle marge de progression n’est-ce pas ? Les conditions nous amènent à pêcher aux leurres dursFrançois nous rejoint dans les parcs ou plus précisément dans les bouchots. L’eau est assez teintée à notre plus grande surprise. Ceci conjugué au vent, rend la pêche aux leurres souples largement compromise. La pêche se fait donc aux leurres durs et plus précisément sur des jerkbaits peu plongeants (la surface ne donnant aucun signe d’activité) avec une mention spéciale pour le WildEye Minnow (12 cm) ou encore l’excellent X-Rap (10 cm). Quant aux coloris, les teintes jaunes (TRL chez Storm - HH et HS chez Rapala) ont la préférence avant que l’eau ne se teinte davantage, le coloris blanc nacré (BN, TN et BB-Storm ou GGH-Rapala) restera une constante sur toute la fin du séjour. En une heure de pêche, une douzaine de poissons pas très gros dans l’ensemble mais déjà très sympathiques, sont ramenés à bord du bateau. Changement de posteNous repérons un très large haut fond sablonneux qui, avec la présence de casiers à proximité, nous invite à tenter notre chance. Il ne nous faudra pas plus d’une dérive pour localiser du poisson actif. Nous l’observerons même à l’écran de l’échosondeur par 3 m d’eau seulement ! L’achat récent d’un échosondeur couleur «Eagle - Fish Easy 320 C » nous fait découvrir sans ambiguïtés les joies d’une détection de poissons. Après quelques dérives et des poissons relativement modestes dans l’ensemble, nous repérons au loin une chasse clairement signalée par nos amis les goélands, ce qui attise notre excitation. Arrivés sur le poste, Loïc le seul vraiment expérimenté dans la pêche du bar, nous dit : « C’est peut-être du maquereau ». Il a raison. Mais quelle chasse ! Des dizaines et des dizaines de goélands dans un tintamarre de folie nous ont offert un spectacle digne de ce nom. Convaincus d’une présence de bars, nous essayons de jigger avec du gros, du très gros leurre souple (Lipweight 55g -Sand Eel 30 cm et shad de 25 cm sur tête plombée de 100g). Nous essayons de dissuader ces maquereaux, peine perdue, c’est du très gros maquereau (un petit kg environ) que nous ferrons. Pour information, nous pêchons suffisamment léger pour prendre du plaisir sur ces gros maquereaux, Stradic 2500 sur Technium 2.40 MH et Symètre 2500 sur Speedmaster 2.40 MH pour les adeptes de Shimano (au passage les Speedmaster sont un régal au combat). Au moteur nous recherchons d’autres spots pouvant nous inspirer, mais sans réel succès. Fin de la première journée de pêche et bilan plus que positif avec néanmoins toujours cette envie de faire plus gros. Il paraît qu’à Oléron c’est plus que possible… Deuxième jour – le bon spot Nous nous dirigeons vers les bouchots et les parcs. Ils sont toujours très teintés et nous n’insistons pas plus d’une heure. J’enchaîne rapidement par un superbe 4 kg dans une explosion de joie. Les poissons sont là et pour preuve un autre de taille identique accompagne ma prise quasi jusqu’au bateau. Le combat plus que sympathique sur ce matériel léger laisse à Loïc le temps de changer ses vieux triples et de piquer un autre bar du même poids (dans l’épuisette ce bar ouvrira un des anneaux brisés et une branche du triple). C’est l’euphorie totale à bord ! Malheureusement débarquent au loin nos amis les jet-skieurs qui nous obligent à patienter jusqu’à ce que le secteur retrouve son calme. Le deuxième bateau nous rejoint et à l’annonce des prises, François est plus qu’impatient de tenter sa chance. Nous retournons sur le spot, le courant formé une heure auparavant s’est presque complètement estompé, nous sommes perplexes mais toujours motivés. Premier lancer pour François et bingo !!! De mon côté, à quelques dizaines de mètres de là sur le second bateau, je ferre un autre beau poisson et je fais un magnifique doublé de respectivement 4.5 kg et 3.5 kg. Le courant disparaît ainsi que les gros bars. Nous rentrons heureux. Que du bonheur !! Troisième jour – Frénésie à bordDamien, un collègue de François, nous rejoint et à l’annonce des résultats de la veille il est plus qu’impatient d’embarquer. Nous prospectons l’Ile d’Aix et se sont quelques poissons jusqu’à 2 kg qui seront relâchés, un de 3-3.5kg au leurre de surface se décrochera au bateau. Nous retrouvons notre spot avec une grande impatience, le courant est formé. C’est au tour du « nouveau » de piquer un 3.5 kg puis s’en suivra un coup de ligne de folie. J’expédie mon X-Rap blanc nacré, après quelques jerks je pique un très beau poisson qui se décroche après une bonne minute de combat. Pendant ce temps, Loïc en décroche un, je finis de ramener et un autre gros poisson vient goûter le leurre. Le frein de Loïc se met à chanter de nouveau, lui aussi vient de prendre un beau spécimen. Tout cela sur le même lancer… Après un combat épique et des changements de bord un peu hasardeux, ce sont deux poissons de 4 kg qui seront relâchés. Quel souvenir mémorable ! Dernier jour de pêche.C’est détendus que nous abordons notre petit courant fétiche. Les poissons sont là mais postés différemment et plus profondément. C’est avec un Lipless que je pique les premiers poissons. François nous fait une démonstration de lecture de postes en attendant le bon moment pour expédier son leurre au bon endroit. Il pêchera le big fish de la sortie (5.5 kg). D’autres poissons sont pêchés et c’est à l’étale de haute mer que nous décidons de prospecter un nouveau secteur de parcs et de bouchots, ceci par une mer d’huile. Mais encore une fois c’est une eau extrêmement teintée que nous trouvons et après 2 poissons honorables (2 et 3 kg) pêchés avec des leurres durs, c’est aux leurres souples jiggés très doucement (« tentative d’imitation » de crustacé grâce notamment au Rattle Skirt Twin Tail Grub-Storm) au pied des tables que nous allons connaître un peu de succès. Dans ces secteurs toujours délicats il faut brider sévèrement. Retour sur les pointes de l’Ile d’Aix où Loïc pique un magnifique moucheté de 60 cm qui n’avait pas moins d’une sardine de 20 cm au fond de la gueule ainsi qu’un hameçon simple encore équipé de son arénicole. Des pêcheurs comblésDevant notre enthousiasme débordant, Loïc nous glisse : «des parties de pêche de la sorte et des 4kg en série ce n’est pas comme cela à chaque sortie». Tant pis, nous sommes conquis, quelle session et surtout quel magnifique poisson… Des poissons remis à l’eauNous respectons profondément ce poisson noble qui nous procure tant de plaisir. Nous n’avons donc conservé que ceux qui étaient mal piqués et n’ayant que peu de chances de survie, ce magnifique poisson semble être tant malmené par d’autres pêcheurs. A ce sujet, je vous invite d’ailleurs à lire le très bon article « Dans la peau d’un bar » publié dans le hors-série Mer de Voyages de Pêche de l’été dernier. Jérémy Hanin |