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Les locomotives dorées du Vieux-Rhin

Bonjour à tous,

Pêche au barbeau en Alsace

 

Pêche au barbeau en Alsace

 

Pêche au barbeau en Alsace Pêche au barbeau en Alsace

 

Pêche au barbeau en Alsace

Pour la plupart des pêcheurs aux leurres, les seules espèces dignes d’intérêt sont les espèces dites nobles. Nobles, peut-être, par la qualité de leur chair ou par leur place supérieure dans la chaîne alimentaire, les carnassiers comme le brochet, le sandre ou la truite ne sont pour autant pas les seuls partenaires de jeu des passionnés du leurre. D’ailleurs, aujourd’hui, où dans la nouvelle génération, le plaisir de la capture semble plus important que le menu de soir, il faudrait être stupide pour tourner le dos, snober, des espèces plus abondantes et tout aussi intéressantes à pêcher aux leurres. Car leurrer, c’est bien là notre passion, non ? J’en entend déjà dire : « mais le chevesne, ça se défend comme un sac plastique ». Vous connaissez le barbeau ?

Ici, en Alsace, avec l’amélioration quasi miraculeuse de la qualité d’eau du Rhin ces 20 dernières années, les populations de barbeaux ont littéralement explosé au point de représenter sûrement plus d’un tiers de la biomasse en poisson du fleuve. Et pas des pin’s de rivière à truite ! Non, des obus dorés 100 % muscles aux nageoires surdimensionnées dont le poids moyens dépasse les 3 kg. Ajoutez-y un courant digne d’un grand fleuve alpin et vous obtenez le cocktail « locomotive dorée ! »

Le barbeau est pêchable sur la partie canalisée du fleuve, mais pour sa pêche au leurre nous nous rendons sur le Vieux-Rhin. Cette partie court-circuitée qui s’étend sur plus de 30 Km en aval de la frontière suisse vaut le détour rien que pour le paysage : d’immenses radiers succèdent à des veines d’eaux puissantes et profondes donnant aux lieux un air de scandinavie. Grandiose…et blindé de barbeaux.

Lors de ma dernière sortie à la poursuite des locomotives dorées, l’ami Medhi décide de m’emmener pêcher sur l’un de ses spots favoris : le Nid ! « Pourquoi le nid ? » « Tu verras sur place » m’a t’il répondu. Arrivé sur place, je comprends. Nous sommes placés sur un petit épi rocheux qui ressert la veine d’eau là où le courant du rapide amont commence à s’assagir pour former plus en aval un calme profond. Le poste idéal ! De façon quasi-ininterrompue des barbeaux marsouinent sur ce poste immense.

Les cannes se montent. Les amis optent pour des poissons nageurs afin de tenter également une grosse truite. Pour ma part, ce sera un Storm Lipless Cranckbait coloris TRL. Il est dense, bruiteur, assez petit : idéal, à mon avis, pour provoquer l’agressivité de ces gros barbeaux. Premier lancer ¾ amont, je sens le leurre gratter les cailloux, je lève le scion de la canne pour le décoller, je reprends contact avec le fond, et ainsi de suite…Arrivé à 10 mètres de moi, au début de la cuvette créée par la veine d’eau, le contact de mon leurre avec le fond résonne moins dans la canne, c’est plus mou : des dos de barbeaux ! Sur plus de 5 mètres de large, mon leurre ne touche pas le fond, les obus dorés sont empilés ! Autant dire qu’il me suffirait de ferrer pour en harponner un. Mais c’est par la bouche que je veux les piquer. Second lancer, en ressentant les premiers contacts mous, je décolle franchement le leurre du fond afin de faire vibrer intensément le lipless. L’arrêt est net, la touche lourde et sans équivoque : il est pris par la bouche. Mon Stradic entame sa complainte, la fibre de la canne crisse : Ah, c’est bon ! Oui, mais il faudrait qu’il commence à ralentir, il a déjà bien pris 30 mètres de fil et ne semble pas faiblir. S’entame un bras de fer qui va durer plus d’un quart d’heure, avant que l’obus doré se laisse venir : magnifique.

Je souffle un peu. Les potes n’ont toujours rien pris, tout du moins par la bouche ! Je rattaque, rebelote : en touchant les premiers dos, je relève franchement le leurre, s’ensuit une touche nette. Le moulinet chante, c’est reparti pour un bras fer ! Le lancer suivant, un poisson s’harponne au passage, affolé, son rush est trop rapide. Mon frein encore trop serré du dernier combat ne laisse pas le fil s’échapper : c’est la casse net en 24/100. Je fixe donc mon second Storm Lipless Cranckbait. Le coloris CH est plus flash. Espérons qu’il fonctionne aussi bien que son acolyte. Quelques lancers plus tard, je suis rassuré quand le Stradic chante à nouveau.

Ça fait plus d’une heure que je m’amuse comme un petit fou. Et en voyant la tête de mes potes, apparemment je suis le seul ! Ils n’en ont pas encore pris un par la bouche. Je passe donc mon Storm Lipless Cranckbait à Fred puis à Franck : ils prennent tous deux un barbeau par la bouche. Si ça ce n’est pas une preuve d’efficacité !

Des locomotives dorées, le Rhin en est riche, bien sûr ! Mais l’hexagone regorge également d’autres rivières rapides riches en barbeaux. L’automne est incontestablement la meilleure période pour les pêcher aux leurres.

Alors à vos Storm Lipless Cranckbait et en avant les locomotives dorées…

David Pierron

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