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Le 1er Août dernier, je trouve une enveloppe sur laquelle est inscrit mon prénom. Je l’ouvre et peux lire : « Bon pour un voyage de pêche en Suède ». Je réalise alors, avec les signatures en bas de la carte, que ceci est mon cadeau d’anniversaire de la part de ma belle-famille.
Arrivé à Stockholm pour les vacances d’été en compagnie de ma femme, je redécouvre pour la deuxième fois cette ville magnifique entourée d’eau de toute part. Etrangement, les bateaux du port semblent être conçus pour affronter les conditions maritimes les plus diverses, alors que l’eau n’est pas salée à cet endroit. En effet, cet archipel est connecté, comme son nom l’indique, du côté EST à la mer Baltique qui sépare la Suède de la Finlande, et du côté OUEST à un lac intérieur gigantesque appelé Mälaren. Le décor est planté.
Les archipels de Stockholm comprenant le lac intérieur immense de Mälaren.
Sans plus tarder, l’envie de pêcher me prend aux trippes. Le parfum de l’eau m’appelle, et je ressens le besoin de trouver au plus vite un guide pour m’accompagner en bateau sur ce magnifique lac qui entoure Stockholm sur plusieurs dizaines de kilomètres. Je contacte alors la filiale du groupe RAPALA-VMC en Suède et la responsable du Marketing m’oriente sans hésiter sur un guide du nom de Mikael Puhakka, allias « MIKE PIKE ».
Ce surnom m’inspire déjà…
Sans hésiter je prends le téléphone et l’appelle. Le contact passe très bien et nous fixons rendez-vous pour deux journées de pêche. Autant vous dire que je ne tiens plus en place et que ma pauvre femme doit supporter mes réjouissances du matin au soir, les jours précédant ce moment tant attendu.
Le matin du fameux jour arrive enfin, et je retrouve MIKE PIKE dans une gare à vingt minutes de Stockholm, en pleine nature. Je le vois arriver avec son 4X4 tractant un bateau très impressionnant, qui laisse déjà paraître un certain professionnalisme. Nous commençons à faire connaissance dans la voiture, puis en mettant le bateau à l’eau. Mike est plein d’énergie et très enthousiaste à l’idée de partir pêcher, malgré une pleine lune selon lui très défavorable. Il me regarde en souriant et m’assure à 100% que nous attraperons un brochet avant la fin de l’après-midi. Sachant que la pêche est parfois incertaine, ce qui en fait d’ailleurs tout son charme, je me demande dans quel pays je suis tombé. La légende des brochets de Suède est-elle donc vraie ?
Arrivés au bord de l’eau, je découvre alors un magnifique bateau de 6,50m équipé d’un moteur de 150CH. Wow ! je suis impressionné. Tout est organisé à bord et Mike connait exactement la place de chaque chose. Une fois les huit cannes SHIMANO installées dans leur support, les boîtes remplies de leurres RAPALA et STORM de toutes les tailles et de toutes les couleurs, je monte à bord et nous démarrons le moteur pour partir à l’aventure.
Nous suivons le canal qui mène au lac à vitesse réduite. Les bordures sont déjà jonchées de roseaux et je suis loin de savoir à quoi m’attendre. En effet, arrivés à la sortie du canal de navigation, un lac absolument gigantesque s’offre à nous. Les bordures sont sauvages et les paysages à couper le souffle. Il n’y a pas de montagnes à l’horizon et, seul le ciel bleu et le soleil nous éblouissent de leur luminosité incroyable. Les roseaux sont partout, entre-semés de rochers immenses arrondis par l’érosion glacière et de forêts de sapins à perte de vue. Un sentiment incroyable de liberté m’envahit. Mike me demande de m’accrocher et une fois la barre saisie, il pousse le levier de vitesse au maximum et laisse le moteur s’exprimer à pleine puissance. Ma casquette manque de s’envoler.
150CH de puissance, ça décoiffe !
Son échosondeur est équipé d’un GPS et nous naviguons à très vive allure (40 nœuds nautiques) en direction du premier poste, sans aucune hésitation de sa part. Son objectif est de pêcher les faibles profondeurs sur les plateaux de bordure remplis d’herbiers à cette époque, et il sait très bien où aller pour les trouver. Arrivés sur le premier poste, il m’explique alors que les brochets ne se trouvent pas toujours contre les roseaux, comme il a pu le croire longtemps étant petit, mais plutôt dans les herbiers longeant les cassures. Durant l’été, ses profondeurs préférées sont situées entre 2 et 4 mètres de fond. Je suis en effet assez surpris de pêcher si loin du bord, mais découvre un plateau absolument gigantesque qui va devenir notre terrain de jeu pendant plusieurs dizaines de minutes.
Nous commençons la pêche avec des RAPALA GLIDIN’ RAP, des X-RAP JOINTED SHAD. Il me montre différentes techniques, rodées par plus de 11 années de guidage, pour animer ces leurres avec le maximum d’efficacité. Tout paraît si simple avec ses explications. A chaque type de leurre, il a associé une méthode très simple pour animer la nage et déclencher les attaques. Ce qui me surprend le plus, c’est le nombre d’arrêts qu’il effectue entre chaque animation. Deux tours de manivelles engendrent un arrêt de 3 à 5 secondes. Malgré tous nos efforts, le début d’après-midi n’est pas très prometteur et nous n’avons aucune attaque. Il me reparle de la pleine lune qui agit sur les poissons dans un sens qu’il ne sait expliquer, mais dont les mauvais effets sur les touches sont inévitables. Il me regarde en souriant et me dit : « Ne t’inquiète pas; la pleine lune n’est pas bonne pour faire un grand nombre de touches, mais peut parfois produire un gros poisson ». J’étais tout sauf en train de m’inquiéter, car le simple fait de passer un moment de détente absolue dans ces étendues naturelles magnifiques me comblait déjà.
Nous changeons de poste et essayons différents leurres. Au vu de ces résultats mirobolants, Mike Pike me suggère d’essayer le STORM WILDEYE SEEKER SHAD, couleur perche, qui est pour lui l’arme absolue pour le brochet. Sa nage lente, sa masse légèrement coulante (presque suspending) et l’action de la queue aux très fortes vibrations, aidés par les contrastes de couleurs vert-orangé font de lui un leurre extrêmement efficace, au point que les brochets les engament toujours profondément dans la bouche. C’est d’ailleurs le seul défaut qu’il leur trouve. De plus, il m’explique que toutes les couleurs à dominances jaune-orange-vert aux marques zébrées et à la nage lente sont d’excellents leurres pour pêcher le brochet, les meilleurs même. Sans attendre, le premier pike vient littéralement pousser avec le bout de la gueule le SHAD de Mike, qui me confirme que les poissons sont sur OFF et ne vont pas être faciles à prendre tout de suite, mais qu’ils pourraient l’être un peu plus tard dans la soirée.
Toujours motivés, nous partons sur un 3ème poste. Ce guide a décidemment plus d’un tour dans son sac. Il m’emmène donc dans un lieu magique, bordés d’étendues immenses de roseaux, d’îlots et d’herbiers. Nous attaquons à nouveau la prospection de manière méticuleuse.
Soudain, je sens mon leurre s’arrêter brutalement et une tape me surprend. Je crie de joie en ferrant mon premier brochet de Suède qui surgit en surface! Nous amenons le poisson au bateau et Mike, ravi, l’épuise pour me le donner ensuite. C’est un poisson aux couleurs fabuleuses. Je suis aux anges. Il est 16h30 et le lac tourne sur ON. Plusieurs touches se succèdent et nous attrapons des brochets tous plus beaux les uns que les autres. N’ayant toujours pas mangé, et commençant à sentir la faim, Mike me propose de partir en bateau pour faire de la traine en direction du prochain poste, tout en mangeant le repas qu’il a préparé la veille. Nous reprenons des forces en parlant de pêche et approchons de la nouvelle zone alors que le soir s’installe peu à peu.
La journée touche à sa fin, mais Mike m’apprend à ma plus grande stupéfaction que la pêche de nuit est autorisée en Suède. Je crois rêver. Nous pêchons donc aux leurres jusqu’à ce que la nuit soit tombée et faisons encore plusieurs touches. Nous devons maintenant rentrer car je dois malheureusement reprendre le dernier train, mais avons encore un peu de temps pour traîner sur le chemin du retour avec l’espoir de capturer un gros sandre au leurres en surface. Nous n’en attrapons aucun, mais je suis comblé et retourne en train à Stockholm avec des images magnifiques plein la tête.
Me voici reparti pour le deuxième jour de pêche, après un petit weekend en amoureux dans la capitale. Je frétille de joie et Mike me donne rendez-vous dans la même gare. Nous changeons de partie du lac cette fois-ci pour aller plus au nord, et arrivons dans un nouveau port pour mettre le bateau à l’eau. Les paysages sont toujours aussi somptueux et nous naviguons à vive allure sur le premier poste de la journée. Je respire le grand air, et me réjouis déjà de cette belle journée.
A peine arrivés sur place, le premier brochet attaque le leurre de Mike. Nous faisons plusieurs poissons les uns derrière les autres. Bien-sûr, nous ne manquons pas de rater quelques ferrages dans les herbiers en surface, mais les poissons semblent plus mordeurs que le jour précédent. Mike est plein d’enthousiasme et ne manque pas de faire le décompte à chaque poisson. Les journées en Suède durant les bonnes saisons peuvent apporter de 20 à 60 brochets par jour. C’est du vrai délire !
Après une accalmie et avoir attrapé 7 brochets, Mike Pike me propose une pêche au sandre à la verticale. Nous partons alors pour un poste aux alentours d’une île et pêchons dans 10 à 12 mètres de fond. Sa couleur de leurre souple favorite est le vert-chartreuse. Nous tournons un peu sur place et soudain, je sens la première attaque. Je remonte un tout petit sandre et nous rigolons devant le charme de ce petit poisson très vorace. Soudain, c’est au tour de Mike. Il remonte un sandre du même gabarit. Puis nous faisons un doublé et capturons au total 9 petits sandres magnifiques et plein d’énergie. Etant donné que les gros ne sont pas sur place, nous décidons de repartir sur d’autres postes, sans plus de résultat.
Le soir approche et nous partons dans une des plus belles baies que j’aie jamais vue de ma vie. A peine arrivé, Mike fait un joli brochet d’environ 80cm. Nous continuons et faisons une autre touche. Le triple s’est libéré de l’anneau brisé et nous ramenons un leurre désarmé. Je lance dans les alentours, et à peine dans l’eau, mon leurre se fait happer. J’aperçois une gueule ouverte gigantesque juste sous la surface de l’eau, essayant de se débarrasser des hameçons VMC piqués franchement. Le poisson tente de reculer la gueule ouverte pour se débarrasser du piège. Sans résultat, il démarre en trombe et je sens immédiatement au poids de celui-ci que je n’ai pas du tout à faire à un poisson de la même taille que les autres… Ma canne de voyage multibrins SHIMANO STC TRIBAL se plie en deux , alors que le frein de mon STRADIC se met à crisser sous la pression de ce monstre qui essaye de rejoindre les nénuphars. Je réussis à le contrer et il se rend maintenant dans une zone plus dégagée, bien que truffée d’herbiers. Le poisson apparaît sous mes yeux ébahis. Mike est ravi par la taille de cette femelle époustouflante. Nous épuisons un poisson dont la largeur de la gueule est vraiment impressionnante. Une fois le RAPALA Sliding Rap décroché, Mike le saisit et le hisse à bord. Nous le mesurons et le pesons. Verdict : 1,09m pour 8,5kg… Les émotions qui m’envahissent sont difficiles à exprimer. Je le regarde dans les yeux avec respect et admire son impressionnante dentition. Il ne fait décidément pas bon être un gardon ou une perche dans ce lac de Mälaren ! Après une courte séance photo, nous le remettons à l’eau et le regardons repartir lentement dans les eaux foncées du lac.
Mike me regarde avec le sourire et nous sautons de joie dans ce bateau comme deux enfants. Il me serre la main fermement et me rappelle ce qu’il m’avait dit plus tôt concernant la pleine lune. Après ce moment fantastique il me dit : « Let’s fish now ! ». Nous reprenons notre canne et recommençons la traque. Je suis sur un petit nuage.
La nuit est tombée maintenant et nous avons fait quelques poissons supplémentaires. Il est temps de rentrer. Tout comme le jour précédent, Mike tend quelques cannes à la traine. A peine après quelques minutes, une canne se plie et le moulinet se met à crisser. Incroyable, une touche en pleine nuit, et en toute légalité ! Je prends la canne et combats durant quelques minutes un poisson qui semble lourd. Mike sort l’épuisette et nous mettons au sec un magnifique sandre de 75cm. Nous voilà tous les deux plus que comblés. Lui le guide, et moi le pêcheur…
Au total, nous aurons pris 10 sandres et plus 20 brochets en deux jours de pêche… Vive la Suède, et merci Mike Pike !

Je vous encourage vivement à vous rendre dans ces lieux magiques où les émotions sont fortes et les espaces vert de toute beauté. Si vous êtes en quête d’évasion vous serez comblés. Mike est un guide très pro qui vous fera passer des moments exceptionnels. Pour tous renseignements : www.fishguide.se Mikael Puhakka alias « Mike Pike ».
Bertrand Nicod
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