Retour à l'Accueil
 
TELECHARGER NOS CATALOGUES_P

Week-end du 20 mai, François est venu passer quelques jours en Bretagne dans l’espoir de faire monter quelques bars sur les plateaux rocheux au large d’Erquy.
La nourrice est pleine, la panoplie de leurres révisée, la tresse neuve bref n’y a plus qu’à…
C’était sans compter sur le temps, voilà trois jours que le vent souffle en rafale et que les averses se succèdent.  Notre optimisme quand à une amélioration est vite balayé en découvrant les prévisions météo (90 Km en rafale sur la côte).


Storm Wildeye Minnow 6cmQu’à cela ne tienne, si le temps n’est pas propice pour pêcher le bar, nous décidons d’aller taquiner la truite. C’est l’avantage de la Bretagne, même au bord de la mer, on n’est jamais loin d’une belle rivière.
En vue des conditions, notre choix se porte sur la rivière le Lié (7 à 8 m de large au niveau de St Sauveur), le niveau d’eau a légèrement augmenté mais l’eau reste relativement clair. Idéal pour une sortie aux leurres.

Nous arrivons sur la rivière en même temps que le soleil, cette éclaircie nous redonne espoir d’autant que nous observons aussitôt des éclosions accompagnés de gobages bruyants. C’est avec le célèbre optimisme du pêcheur que nous entamons cette partie de pêche : ça va MORDRE…
Le début du parcours est constitué d’une succession de radiers et de mouilles où le fond varie de 20cm à 1m avec des courants particulièrement réguliers.
J’opte pour un poisson nageur que j’utilise régulièrement, dans la taille au dessus, pour pêcher le bar : le Storm WildEye Minnow 6cm .

Ce petit poisson nageur m’a été particulièrement utile quelques jours plus tôt en animation pêche. Nous étions partis pêcher la perche sur un petit étang et ce leurre a été redoutable sur les bordures. Les zébrés ne résistaient pas à un maniement par saccade (« jerking ») accompagné de phases d’arrêts où le leurre faisait du surplace (suspending). J’étais donc particulièrement curieux de voir ce qu’il allait donner pour la truite.

Premier lancer en tête de radier, première surprise. Ce leurre se lance avec une grande facilité, il s’équilibre immédiatement dans les airs et le transfert de billes à l’intérieur permet d’atteindre des distances honorables sans forcer ce qui permet  de conserver une grande précision. Quand on connaît l’importance de ces avantages pour la pêche de la truite…

Premiers tours de manivelle, le leurre a tendance à se désaxer en traversant les différentes veines d’eau ce qui m’empêche de pêcher suffisamment creux.
L’addition de l’émerillon et de l’anneau brisé d’origine y est peut être pour quelque chose, je décide d’ôter l’anneau et de faire une boucle en remplacement de l’émerillon. Second lancer, même endroit, cela va tout de suite mieux, le leurre reste stable dans les différentes veines et travaille parfaitement.
Un petit lancer sur la berge opposé, deux tours de manivelle et c’est la première touche : décroché !

Je n’ai pas encore peigné la veine principale et résiste à faire un long lancer sur le poste du dessus où une truite gobe paisiblement en fin de plat. Elle a l’air installé, chaque chose en son temps !. Je lance le leurre à quelques mètres et lui fait traverser la tête du radier, c’est au moment où je relève la canne qu’une belle mouchetée choisie de s’en saisir, je n’ai que 30 cm de bannière et après m’avoir gratifié de deux trois remous me laisse seul avec mon leurre qui pendouille sous le scion.

Deux touches, deux loupés mais les poissons ont l’air en activité, la partie s’annonce bien.

On va essayer de ne pas tout décrocher. Je passe au poste du dessus et me place pour pouvoir tenter le poisson que je voyais gober quelques instants plus tôt. Deux minutes passent et « gloup » gobage au même endroit. Ce poisson a l’air joli, on va s’appliquer. Un lancer tout en douceur, mon leurre arrive sur le poste de la truite, « si elle mord, c’est maintenant », cela ne loupe pas, la voilà prise. Deux, trois cabrioles et une jolie truite d’un peu plus de 25cm est au creux de ma main.

Je rejoins François au dessus, il n’est pas en reste non plus, deux ou trois jolis poissons sont venus goûter sa cuillère (une Vibrax N°2).
L’éclaircie se prolonge, les poissons semblent particulièrement actifs et pendant presque deux heures, de nombreuses truites se laissent leurrer. Puis le vent forcit de nouveau et semble emporter les truites avec lui. Les averses se succèdent et le rythme des touches diminue crescendo.
D’un commun accord nous changeons de site pour rejoindre un secteur du Lié où les postes sont plus marqués.
Ce parcours, plus lent, est particulièrement intéressant pour les nombreuses sous berges que l’on peut voir au pied des saules, frênes…
Les leurres de début de partie ne sont plus trop adaptés, il nous faut des leurres pêchant plus creux, François opte pour un Rapala Glass Shad Rap de 4 cm et moi par une de mes valeurs sûres, un Rapala Tail Dancer  de 5 cm.

Ces poissons nageurs possèdent des bavettes particulièrement longues pour descendre plus profond. Ces bavettes présentent également l’intérêt de buter contre les obstacles et éviter ainsi l’accrochage.
Nous  pêchons ce secteur vers l’aval contrairement au premier parcours  ce qui nous permet de bien exploiter les dessous de berges en laissant par moment partir les leurres dans le courant jusqu’au plus profond des caches.

Le Glass Shad Rap s’est montré très efficace à ce jeu là,  plus que le Tail Dancer, la différence venant peut être du fait que le Glass Shad Rap possède des billes bruiteuses. Ces dernières ont certainement eu un rôle important vis-à-vis du déclenchement de l’attaque.
La pêche est toutefois devenue difficile, les rares poissons ferrés sur ce secteur ont nécessité une pêche précise au plus près des caches, quitte à risquer les accrochages.

Une heure passe, notre persévérance n’est pour l’instant pas chère payée, François attaque un poste où la moitié du Lié passe sur un mètre de large, le long d’un vieux chêne. Le Glass Shad Rap remonte en longeant la souche lorsque survient la touche. Le poisson sonde immédiatement en prenant appui sur le courant, s’en est trop pour le 14 centième qui claque net. Dommage cette grosse truite aurait achevé la partie sur une belle note!

Il se fait tard, nous sommes attendus et déjà bien en retard,  nous rentrons ravis de cette partie de pêche avec toutefois un regret quand à cette grosse truite. Les poissons ont été nombreux, pas forcément très gros mais intéressant à pêcher, bref, encore un agréable moment au bord de l’eau.     

François GUITARD

>> Retour à l'Accueil des essais et récits de pêche

>> Retour à l'Accueil du site