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La pêche à la truite par Yves Grégoire

Truite prise au poisson nageur par Yves Grégoire

Pêche dela truite au poisson nageur

Pêcher au poisson nageur

pêche truite

La pêche de la truite au poisson nageur par Yves Grégoire

Journaliste halieutique, je suis un inconditionnel du poisson nageur. Toutes les ouvertures, je les affronte armé de ces minuscules poissonnets en balsa ou en plastique.

Ma rivière ardennaise favorite, la Houille, un cours d’eau frontalier de première catégorie qui coule dans les forêts de Landrichamps près de Givet, se prête bien à cette technique de pêche.

Cette rivière étroite et rapide n’est qu’une succession de pools et de radiers offrant de multiples cachettes aux truites indigènes. Dès l’ouverture, j’utilise de préférences ces leurres car ils nagent beaucoup plus profond que ne le feraient une cuiller tournante ou un vairon mort sur sa monture.

De plus, l’action de ces poissons nageurs est aussi beaucoup plus variée et attractive. Aujourd’hui, la plupart des fabricants sérieux, de renommée mondiale, comme Rapala ou Storm produisent de petites merveilles d’efficacité : de minuscules poissons nageurs dont l’armement est réduit à deux, voire un seul triple, des modèles flottants ou coulants qui répondent à toutes les conditions de pêche.

Ces leurres de 3 à 5 cm ont la taille idéale pour représenter la plupart des proies naturelles que chassent les truites : vairons, goujons, chabots et autre fretin. Enfin, dernier avantage non négligeable de cette technique, je suis toujours prêt à pêcher dans l’instant, plus besoin de « faire du vairon » et de traîner des gamelles.

Voici ma recette personnelle pour sélectionner les couleurs et les motifs qui pêchent bien : Dans l’eau froide et claire de mars, les coloris bleus et argent fonctionnent le mieux. Lorsque la rivière est piquée ou chargée de sédiments, j’opte pour un poisson nageur de couleur agressive : jaune chartreuse ou orange fluo, deux teintes criardes qui séduisent particulièrement les truites de déversement.

Quant aux leurres réalistes aux motifs perchette, vairon, chabot ou encore écrevisse, je les utilise lorsque l’eau se réchauffe ou dès que les herbiers repoussent, ce qui fut le cas en mars il y a deux ans.

Les modèles aux motifs « truite fario ou arc-en-ciel » de Rapala (RT ou TR) sont particulièrement efficaces auprès des grosses truites cannibales. De toute manière, je n’hésite pas à essayer plusieurs couleurs au cours d’une partie de pêche, d’abord parce que la luminosité varie au cours de la journée, ensuite, pour éviter une certaine accoutumance.

Différentes parties de la rivière auxquelles je réserve ces différents types de leurre Je consacre les poissons nageurs coulants aux secteurs les plus profonds de la rivière : pools calmes mais aussi veines rapides des courants principaux, autant d’endroits où les grosses truites s’installent en priorité, calées derrière une grosse pierre. Les modèles flottants, eux, ne sont bien utiles que pour prospecter les parties peu profondes de la rivière et les couloirs entre les herbiers.

Ils n’ont pas leur équivalent pour explorer le dessous des branches tombantes : il me suffit de laisser le leurre dériver en surface, sous le couvert végétal, pour l’amener à bon poste et entamer son animation. Périodes de la saison où je pratique ce mode de pêche Tant qu’il y a de l’eau et du courant qui « tire », cette technique l’emporte de loin sur les autres.

En règle générale, mars et avril se caractérisent par ces conditions de pêche. Mais il n’est pas rare qu’en été, à la suite d’une crue d’orage, je renoue avec cette technique…

Mes stratégies de pêche pour attaquer mon parcours favori

Ma tactique préférée se résume à lancer mon leurre trois quarts amont et à le récupérer à toute vitesse. J’utilise à cette fin un moulinet Shimano Stradic à «grand braquet» (1 m/t.m.).
En fin de dérive, le courant accélère la nage du leurre ce qui le rend alors irrésistible aux yeux d’une truite qui aurait suivi son manège. Elle peut alors l’engamer dans mes bottes.

Ma seconde tactique consiste à explorer les courants les plus tumultueux en lançant mon leurre en aval du courant et en le faisant progresser vers l’amont par des accélérations et des relâchers successifs. C’est un moyen efficace pour faire bouger les truites rétives ou boudeuses et d’insister sur les tenues les plus prometteuses.
Si cette tactique ne réussit pas, j’explore alors la zone entre le mort et le vif du courant. Il y a gros à parier que les truites se soient installées là en raison de la violence du courant.

Ma dernière tactique est de créer un effet de surprise en posant un petit poisson nageur sur les truites postées et en le récupérant à toute vitesse. Habituellement, lorsque le poisson est actif, le leurre est engamé dans la seconde. Cette manière de procéder est très efficace lorsque l’eau s’éclaircit après un petit coup d’eau.

Dernière précision technique

Je fixe mes leurres au nylon transparent 20/100 du moulinet à l’aide d’un petit émerillon n°12 à agrafe ronde. C’est la meilleure manière de leur laisser toute liberté de nage. Les nœuds les brident exagérément et en plus l’agrafe me permet de changer instantanément de leurre.

Yves Grégoire

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