Le 28 décembre dernier, j’ai rendez-vous avec une bande de 8 copains à Roissy. Tout le monde est excité et le tas de bagages recèle quelques « tubes » qui indiquent clairement le but de notre voyage : la pêche.
Cela fait plusieurs mois que nous préparons avec fébrilité ce départ pour un coin de paradis qui fait rêver tout pêcheur sportif : les Radamas, au nord de Madagascar ; l’occasion d’en découdre avec les prédateurs locaux et d’essayer quelques nouveautés Shimano et Williamson.
Dans cet archipel magnifique aux airs de bout du monde vive la plupart des grands poissons de sport attrapables au lancer : carangue ignobilis, mérous, requin, thon jaune, thazard, espadon voilier et thon à dents de chien. De toute façon, dans le coin, tout le monde a des dents, et c’est toujours le plus gros qui mange le plus petit, sans distinction de race….
A notre arrivée à Nosy Be, la température ambiante est de 32°, et les magnifiques eaux de l’océan indien fleurtent avec les 31°. Le ton nous est tout de suite donné par le groupe qui vient de finir son séjour : belle pêche, beaux poissons, mais à la calée. Les pêches aux leurres sont difficiles.
Notre départ pour les Radamas est prévu pour le surlendemain, et nous profitons de notre première après-midi pour monter le matériel et organiser une journée de pêche supplémentaire au départ de la grande île.
Personnellement, je monte une Caranx Kaibutsu « Long Cast » avec le nouveau Stella 20 000 SW pour pouvoir lancer, et une Blue Rose avec un Twin Power CFC 10 000 pour jigger. J’équipe les deux moulinets avec de la tresse Aspire Salt Water en 90lbs. De quoi tirer un peu sur les poissons !
Très vite, nous décidons de la stratégie de pêche avec mes deux coéquipiers : priorité à la pêche aux leurres au détriment du rendement.
Notre premier jour de pêche permet de retrouver les réflexes et les réglages des pêches tropicales. Nous prenons huit espèces de poisson différentes, notamment au jig, et réalisons le premier triplé de GT au Vortex Jig, dans 35 mètres d’eau. Peu avant le départ, je « trouve » enfin mon premier poisson en surface : une belle ignobilis de 15kg, ce qui nous conforte dans notre décision d’insister aux leurres. En fait, pendant ce séjour, nous pêcherons à la calée le temps de midi, qui correspond cette semaine-là avec la renverse de la marée. Nous aurons la chance de vivre quelques moments de folie où les départs s’enchaînent. C’est à ces occasions que nous enregistrons des casses mémorables qui confirment qu’avec des appâts et du très gros matos (tresse 120lbs), il y a moyen de prendre des monstres dans ces eaux.
Le troisième jour, c’est le départ vers l’archipel, et le transfert se fait tout au long d’une journée de pêche itinérante. Nous avons ensuite quatre jours de pêche sur place et un retour du même ordre.
Les deux premières journées de pêche sont décevantes sur mon bateau : une panne moteur et un manque de réussite nous font passer à coté de la pêche, mais heureusement, un beau voilier prend un petit leurre destiné aux bonites, ce qui permet d’éclairer un peu le tableau. C’est « Djédjé » qui saisit la canne, et après 20 minutes, il sort gagnant du combat, mais aussi ébloui et ému.
Le quatrième jour nous permet enfin de trouver les premières chasses productives et nous enchainons au popper de nombreuses GT de 10/15kgs. Vers midi, un départ sur un filet de bonite fait hurler le frein de mon Stella, et 15 minutes plus tard, un splendide mérou de plus de trente kg apparaît sous la surface. C’est le plus gros que j’ai jamais pris : yes ! En fin de journée, notre passage à proximité d’un banc de thon jaune nous permet de toucher quelques poissons supplémentaires. Le plus gros fait 10 kg mais nous donne déjà pas mal de fil à retordre : ça donne envie de revenir en mars, lorsque les bancs de gros thons jaunes sont dans les parages. A mon sens, c’est le seul poisson qui puisse rivaliser avec la puissance de la carangue… explosif.
Les jours suivants, la pêche sera encore très productive. Je me souviendrai toute ma vie de ce matin du 6ème jour. Nous pêchons un plateau immergé à 12 mètres (on voit très bien le fond….) et il n’y a aucun signe d’activité. Je poppe un Jet Popper Williamson (le coloris violet qui se révèlera être un des meilleurs leurres du séjour) assez lentement lorsqu’il disparaît dans un gros remous, genre vache qui prend son bain. Le départ qui suit est fulgurant et le poisson prend sans hésiter 30 ou 40 mètres de fil. Le skipper lance tranquillement « grosse carangue », ce qui à pour effet de faire monter mon rythme cardiaque un peu plus dans les tours.
Il fait très chaud et la sueur me pique les yeux et j’ai le dos qui proteste. Il me faut un bon moment pour la ramener au bateau et permettre au marin de la gaffer par la bouche (nous l’avons relâchée, comme 90% des poissons pris). Une fois à bord, elle est énorme et je suis émerveillé. Verdict : au moins trente. Ce n’est pas un record, mais ça donne la mesure de ce que doit être une « 50 », et moi, ça me suffit, d’autant que j’aurai la chance d’en relâcher une autre presque aussi grosse le dernier jour, encore sur mon Jet violet…
Nous étions tous venus avec l’espoir de piquer un bonus : le thon à dents de chien. Mais la chaleur et le manque d’entrainement nous font vite renoncer à jigger dans plus de 100 mètres : condition sine qua none pour espérer en toucher un.
Un petit mot quand même pour dire que le camp de pêche situé sur Antanymora est paradisiaque, que le barman y fait les meilleures caïperinia de cette partie du monde, et que la cuisinière est une perle.
Ma Caranx Kaibutsu Long Cast s’est révélée parfaite. Bonne réserve de puissance, et grand confort d’utilisation. C’est une très bonne lanceuse, qui a mis systématiquement 10 mètres aux autres modèles plus « bariolés » présents sur le bateau, ce qui s’est avéré être un gros avantage sur de nombreuses chasses. Toutefois, la Long Cast n’est pas une canne souple, et se destine plutôt aux dos solides, ou aux habitués des lancers avec des poppers de plus de 110G.
Coté moulinet, le nouveau Stella SW 20 000 est une pure merveille : douceur, précision, puissance et beauté, ce qui ne gâche rien. Quasiment tout mon groupe en était équipé, et personne n’a tari d’éloges. C’est LE moulinet pour les pêches tropicales extrêmes. Ceux qui disent que l’ancien modèle manquait un peu de frein n’ont jamais dû serrer à fond. Avec le nouveau modèle, je le leur déconseille fortement.
J’ai aussi eu la chance de pouvoir pêcher avec une nouveauté 2009 la Shimano Blue Rose. Cette jolie canne à jig semble bien fine au premier abord, mais son blank démoniaque développe une puissance fabuleuse. Je n’ai pas pris de très gros poissons avec (jusqu’à 20 kg), mais la facilité avec laquelle elle vient à bout d’une GT de trente lbs en dit long sur ses capacités. J’ai particulièrement apprécié sa légèreté et le « moelleux » de l’action, qui permet de jigger en économisant ses efforts.
Elle était couplée au nouveau Twin Power 10000 CFC. A mon sens, ce modèle est un peu court pour l’océan indien, mais il sera un partenaire exceptionnel pour des pêches plus lights. C’est le format Bijagos par excellence, à un prix très compétitif dans ces gammes de moulinets.
Arnaud Brière
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