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Session esturgeon

Par Yann Cuvelier

Session esturgeon

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Nous sommes  à la mi-Novembre, je suis en compagnie de deux amis : Pierre, Jérôme. Nous nous rendons sur le domaine de Mr Cardon, qui nous a gentiment invité pour une courte session de 48 h. Sa splendide propriété se trouve à Saint-Mars la Brière précisément, à l’Est du Mans (72) et,  seulement à quinze minutes du centre ville.

Le domaine est privé, la réservation des postes s’effectue uniquement par téléphone (02 43 76 11 38). Ce plan d’eau est divisé en 16 postes de 2 pêcheurs, mieux vaut s’y prendre à l’avance ! Il est ouvert du premier week-end de Mars au dernier week-end d’Octobre. Trois cannes par pêcheur sont autorisées et l’amorçage  se réalise seulement du bord.
L’étang a une superficie d’environ 15 hectares dont 2 ha sont en réserve pour la fraie des poissons. Le cadre est splendide et le plan d’eau est tout en longueur.

-Sur la berge gauche, on retrouve notamment une nature dépaysante bordée de pins et de roselières.
-Sur l’autre rive, on observe un cadre typiquement local. Les chênes sont nombreux et surplombent la bordure, ceci est très agréable pour se reposer à l’ombre lors de grande chaleur.

Concernant son biotope, il est très riche, muni d’un cheptel de grâce. Les carpes sont belles et bien présentes sur l’étang, et surtout nombreuses. Elles atteignent des poids raisonnables, en effet le record actuel est de 23 kilos. Les esturgeons sont aussi de la partie, ils représentent une densité importante. La moyenne est satisfaisante, on comptabilise environ une  petite centaine de poissons, dont une quinzaine de Transmontanus. Certains atteignent des poids considérables pouvant dépasser la barre des 30 kilos. Une grande densité d’esturgeons pèse eux aussi entre 20 et 28 kilos. « De quoi se faire plaisir  ». Côté digue, on mesure une profondeur moyenne de 2 m avec des fonds relativement mous. En s’éloignant vers la queue, la profondeur diminue petit à petit, tout en gardant une surface uniforme, qui vient s’étendre à moins de 80 cm de fond à proximité de la zone de frayère. A noter ! Des sanitaires sont à votre disposition lors de votre session, pour ménager plus de confort et d’hygiène (WC, douche, réfrigérateur).

«Esturgeons à foison »

Une fois sur les lieux, nous admirons tous les trois ce joyau halieutique. La nature autour du plan d’eau est vraiment sauvage, une sorte de petit paradis. Après avoir salué Mr cardon, nous nous rendons sur les postes. Pierre et Jérôme s’arrêtent sur le poste 2, ils préfèrent s’atteler aux esturgeons. Tandis que je poursuis mon court trajet, afin de me rendre sur le poste 3. Les carpes sont plus présentes sur ce poste, « je suis, entre autre, venu pour elles », et j’espère bien en voir quelques unes. Nous installons notre matériel au plus vite, afin d’être opérationnel rapidement.

A l’aide du pneumatique de Pierre, je dépose soigneusement mes montages à une centaine de mètres du bord, sur des fonds assez durs, dans moins de 1m50 d’eau. Les bouillettes que j’utilise sont carnées, à base de farine de poissons. Les carpes répondent plus facilement au carné à cette saison ci. Les eaux sont froides, les poissons ont besoin d’une nourriture abondante, riche en protéines.

Une fois mes Tribals XTR en action de pêche, je me dirige sur le poste 2, où sont Pierre et Jérôme. Eux aussi, préparent et eschent soigneusement leurs montages, à l’aide de bouillettes écrevisse. Ils placent trois cannes en face d’eux à environ 60 mètres, sur un tapis de pellets. Les autres montages pêchent en spot à l’aide d’une petite poignée de chènevis et de pellets sur des postes susceptibles de toucher des carpes. Jérôme enregistre le premier départ peu de temps après avoir terminé la dépose des montages. Le combat est musclé, le poisson semble lourd. Une demi heure se passe et, Pierre épuise un splendide esturgeon d’une vingtaine de kilos,  « la session commence plutôt bien ». Les esturgeons arrivent en nombre sur le tapis d’amorçage. Les poissons se prennent dans les files, faisant sonner tour à tour chaque détecteur. Cela n’empêche pas pourtant de ferrer le second poisson. Pierre ôte la canne du rod pod et prend le contact. Le départ est plus lent. Environ vingt minutes s’écoulent et, il met au sec un splendide esturgeon de 25,2 kg. La joie est omniprésente. Une séance photo s’impose avant de le remettre à l’eau. De retour sur mon poste, j’attends patiemment la venue d’une carpe. Celle-ci ne mettra pas longtemps à répondre à mes attentes. Il est à peine minuit et j’enregistre mon premier départ. Mon XT 10 000 Technium déroule vers le large, le frein retentit et la bobine se vide à vitesse grand V. Malheureusement le poisson ne restera pas longtemps au bout de ma ligne, je le décroche peu de temps après avoir pris le contact. Je la retends aussitôt.

Le lendemain matin, à l’aube, j’admire enfin ma première carpe. C’est une commune curieuse qui se laisse tenter par mes bouillettes carnées. Elle est vraiment jolie, celle-ci est tout en longueur et avoisine les dix kilos. Je m’empresse d’aller voir les gars, qui ont déroulé toute la nuit. Arrivant sur le poste, Pierre est à nouveau entrain de combattre un poisson. Une grande surprise se manifeste, c’est encore un gros pépère, un esturgeon de 25, 6 kilos. Le record est à nouveau battu pour Pierre, quel bonheur !!!  Leur nuit a été mouvementée, riche en émotions. En effet, tandis que Pierre retend sa ligne, Jérôme m’explique qu’ils ont comptabilisé plus de 15 départs, pour une dizaine de poissons au sec, dont deux carpes et un amour blanc. Ils n’ont pas dormi de la nuit et, la fatigue commence à se faire ressentir. Cependant, le plaisir est tellement intense, qu’ils ne lâchent pas prise pour autant et, continuent leur cadence infernale. En fin de matinée, nous accueillons Philipe dit « Droopy », qui se joint à nous pour la fin de la session

 « Une technique nouvelle »

Depuis peu, j’ai découvert une toute nouvelle technique de pêche de la carpe, notamment développée par Michaël Le Poursot, « celle de la pêche à rôder ». Cette approche est atypique, en effet l’agilité et la discrétion sont les facteurs principaux de cette pratique. A l’aide de la Tribal Lite de Shimano, je voulais m’atteler à ces spécimens. Le principe consiste à repérer des fouilles, puis amorcer très légèrement afin d’accoutumer le poisson et, de revenir un peu plus tard déposer l’esche choisie à l’aide d’un petit flotteur à anglaise.

 La Tribal Lite est modulable, on peut soit lui attribuer une longueur de 2,70 m, soit l’adapter en 3 m à l’aide d’un brun supplémentaire. Ceci permet de lancer légèrement plus loin quand cela s’avère nécessaire. De plus, l’action parabolique évite toute décroche sur des poissons bridés et, permet de les travailler plus en souplesse. La réserve de puissance de cette petite merveille est fulgurante, classant cette canne parmi les pionnières du marché. En effet, lors de mon premier contact avec un esturgeon, j’ai constaté que la canne travaillait en douceur, permettant de moins forcer sur le blank (biofibre) et, donc d’amener à soi plus facilement le poisson. De plus, le design est vraiment sympa et moderne. Pour ma part, j’utilise le Stradic 4000, pour sa robustesse et ses couleurs vives qui le rendent unique, l’ensemble (canne et moulinet) se marie très bien. Le matériel reste tout de même très léger et maniable, permettant d’exercer sa passion plus longtemps, en marquant moins de temps de pose lorsque l’on prospecte activement les berges.

« Poisson au rendez-vous »

Nous entamons notre dernière matinée de pêche. La nuit fût beaucoup plus calme que la précédente, nous enregistrons seulement 6 départs pour 5 prises. Les températures ont chuté de 4°, rendant les poissons moins actifs. Cependant, le soleil est bien présent ce matin. Ce dernier réchauffe les berges, et amène ainsi les esturgeons à venir profiter de sa chaleur. Avec mon ami Philipe dit  « Droopy », nous prenons chacun notre canne à rôder pour espérer déjouer un de ces spécimens. La veille, j’avais tenté ma chance avec Pierre. Pour ma part, je n’en touche qu’un seul et Pierre en fait deux. Les poissons sont tout proches, dans très peu d’eau, rendant alors la pêche plus discrète. J’esche mon hameçon à l’aide d’un lombric, et le pose à l’endroit propice. Peu de temps se passe et je m’amuse avec le premier esturgeon de la matinée. Le combat est éprouvant, ce dernier sonde le fond, il n’est guère décidé à se rendre. Au bout de 20 min de rushs, j’épuise un magnifique esturgeon de 21 kg, « la Tribal Lite est rôdée ». La matinée se succède de départs, aussi bien à rôder, qu’au poser. Jérôme et Pierre enchaînent les départs à répétition, leur offrant à nouveau un poisson de 25 +. En prospectant la berge ensoleillée durant 2 h de temps, je totalise 4 autres poissons entre 15 et 20 kg, dont un dépassant encore la barre des 20 +.


Nous arrivons à terme de cette session pleine de rebondissements et de surprises. Nous comptabilisons plus de trente poissons, dont un dizaine de carpes. Des sessions comme celle-ci, ce n’est pas tous les jours que l’on en réalise d’aussi belle. La pêche de l’esturgeon est très amusante, très sportive, amenant parfois de nouvelles techniques, comme celle de la pêche à rôder. L’étang de la Lande est le plan d’eau type pour s’évader entre passionnés de pêche sportive et, d’environnement sauvage. Je vous invite pleinement à découvrir ce site. 

Yann Cuvelier

 

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