Utilisation des leurres de surface, par Gaël Even
Avant propos : Les leurres de surface, beaucoup utilisés en mer pour la pêche du bar sont encore sous employés en eau douce. Pourtant perches, brochets, black-bass, chevesnes et parfois truites se laissent volontiers capturer à l’aide de ces derniers. Pratique passionnante et riche en émotion la pêche aux leurres de surface ouvre au pêcheur sportif de nouveaux horizons.
Quand les utiliser ?
Contrairement aux idées reçues la pêche en surface peut se pratiquer une bonne partie de l’année avec bien entendu des résultats plus ou moins réguliers en fonction de la période et des conditions météorologiques. Le tableau qui suit donne un ordre d’idée des moments de l’année les plus productifs sans tenir compte des différences climatiques qui existent entre nos régions.
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hiver |
avril |
mai |
juin |
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août |
septembre |
octobre |
novembre |
Perche |
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Brochet |
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Chevesne |
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Black-bass |
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Légende :
Très bon
Bon
Résultats très irréguliers
Sans intérêt sauf cas particulier
S’il est possible d’enregistrer des captures tout au long de l’année, certaines conditions sont tout de même beaucoup plus propices que d’autres. Sont à privilégier : les eaux claires, un temps relativement calme, des niveaux stables et si possible des eaux aux températures clémentes. Les premières et dernières heures du jour donnent de très bons résultats plus particulièrement pendant la période estivale.
Si des chasses se manifestent, il ne faut pas hésiter à les envoyer dans le milieu de la mêlée, ils sauront alors, vous régaler de part les attaques qu’ils vous offriront.
Le Chug Bug
Description :
Ce leurre de surface est incontestablement un des plus polyvalent. La large gamme de coloris et le fait qu’il se décline en 8 et 11cm permettent au pêcheur de trouver son bonheur quelles que soient les conditions rencontrées.
Sa bouche concave le classe dans la famille des poppers. Sur des tirées plus ou moins sèches, il émet un son similaire à celui produit par un petit carnassier qui vient se nourrir en surface. Plus l’animation est sèche plus le pop est sonore et plus il y a d’éclaboussures.
Mais il ne s’en tient pas là, ce leurre pratique fort bien le « walking the dog » à s’avoir un désaxement prononcé alternatif de part et d’autre de l’axe de récupération. Il joue alors le rôle d’un stick bait. A l’arrêt ce leurre flotte horizontalement
Utilisation :
Le Chug Bug est remarquable pour prospecter les rivières, canaux et plans d’eau de profondeur moyenne (moins de 3m) ou les populations de perches et de brochets se côtoient. Dans ce cas, le 8 cm a ma préférence. Il permet de sélectionner les perches les plus grosses sans pour autant mettre les brochets à l’écart.
J’emploie le 11cm en fin de saison quand les herbiers commencent à mourir. Il me permet de couvrir de larges étendues et de solliciter les beaux brochets très actifs à cette époque de l’année.
Pour la perche, on optera pour une récupération assez rapide en alternant les écarts latéraux et les pops. Les arrêts ne sont pas de rigueur sauf en début de saison. En revanche dès que les poissons se mettent à suivre le leurre, il convient d’accélérer la récupération de manière à simuler la fuite d’une proie et à augmenter l’agressivité de la troupe de perches. Il n’est pas rare que la ou les poursuivantes manquent plusieurs fois leur attaque. Dans ce cas de figure, l’animation doit se poursuivre jusque sous le scion.
Pour le chevesne, la pratique la plus productive consiste à repérer les individus puis à envoyer le leurre le plus discrètement possible au niveau de la queue de ces derniers. Si cette manœuvre est réussie le poisson se retourne violemment et happe le leurre dans le mouvement. Il arrive cependant que le point de chute du leurre manque un peu de précision.
 Tout n’est pas perdu pour autant. Dans un premier temps, il ne faut rien faire ! Seulement attendre que les ondes créées par la chute du leurre s’estompent et regarder comment votre poisson réagit. Le plus souvent, il se déplacera en direction du point de chute. Si le déplacement est rapidement ne faites rien ! Il va se saisir du Chug Bug.
En revanche, s’il se déplace tranquillement, imprimez au leurre un léger tressautement, si le poisson accélère, attendez ! S’il ne réagit pas, animez votre leurre sur une trentaine de centimètres et stoppez ! Si le poisson se détourne, vous pouvez passer au suivant. Si ces derniers ne sont pas visibles, cherchez-les au raz de la bordure sous les branches. Pour bien faire, le leurre doit tomber le plus près possible de la berge ensuite l’animation reste la même qu’au dessus.
Chaque animation doit être dictée par le comportement du poisson. Le plus important dans ce type de pêche est de concevoir que le leurre prend du poisson à l’arrêt.
Pour le brochet, j’utilise surtout le Chug Bug 8cm pour prospecter les bordures et les herbiers. Le fait qu’il flotte à plat sur l’eau permet de le faire passer au travers des nénuphars sans encombre. De même à l’automne, pendant la chute des feuilles, il est un de ceux qui en récupère le moins. .
Pour ce qui est de l’animation, je vous conseille de ne pas trop le faire popper, d’aller le moins vite possible et de privilégier les arrêts. Le brochet se montre très maladroit quand il s’agit de se saisir d’un leurre en surface. En privilégiant les arrêts vous lui facilitez la tache. Si toutefois un poisson rate le leurre, laissez ce dernier immobile pendant un long moment à la suite duquel vous lui imprimez des tressautements.
Bien que n’étant pas infaillible cette petite astuce vous permettra quelques captures supplémentaires. Si vous exploitez des postes visibles, le Chug Bug doit s’immobiliser dans l’axe de tous ce qui peut abriter un brochet (branche, herbier, rocher, nénuphars).
Voici les mystères du Chug Bug dévoilés, il ne vous reste plus qu’à les essayer !
Gaël Even
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